23 février 2018

À neuf heures, la salle du théâtre des Variétés était encore vide. Quelques personnes, au balcon et à l’orchestre, attendaient, perdues parmi les fauteuils de velours grenat, dans le petit jour du lustre à demi-feux. Une ombre noyait la grande tache rouge du rideau ; et pas un bruit ne venait de la scène, la rampe éteinte, les pupitres des musiciens débandés.  Emile Zola -  Nana (1880)
Posté par sebarjo à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

22 février 2018

Le piano n'était pas le violon d'Ingres de Simon Nardis. C'était bien plus qu'un violon d'Ingres. Le piano était pour lui ce que la peinture était pour Ingres.  Christian Gailly -  Un soir au club (2002)
Posté par sebarjo à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
21 février 2018

Il y aura toujours quelqu’un pour repeindre les plinthes. Toujours quelqu’un pour colmater les brèches et enduire les plâtres qui se fendent.  Laurent Mauvignier -  Apprendre à finir (2000)
Posté par sebarjo à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
20 février 2018

J’ai appris au fil des années que les bouts du monde étaient innombrables.  Dominique Ané -  Y revenir (2012)
Posté par sebarjo à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
19 février 2018

Un jour, un homme partit avec la femme d’un autre. Comme cet autre était très riche, l’homme lui vola aussi une forte somme d’argent, très forte, presque tout l’argent. Le lendemain cependant, la femme le quittait à son tour, elle emporta l’argent. En deux jours donc, deux hommes furent quittés par la même femme ; dans ce même laps de temps, ces mêmes deux hommes furent floués de la même somme d’un même argent. Mais si une même infortune les unit, on peut légitimement conjecturer que leur réaction pût différer quelque peu :... [Lire la suite]
Posté par sebarjo à 08:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :
18 février 2018

Ils se sont repérés à l’entracte. Ils se regardaient en se demandant où et quand ils s’étaient déjà vus et cela leur donnait un air songeur et amusé tandis qu’ils s’avançaient l’un vers l’autre en contournant un groupe sans se quitter des yeux.  Hélène Lenoir -  L’entracte (2005)
Posté par sebarjo à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

17 février 2018

Il était une fois cinq soldats français qui faisaient la guerre, parce que les choses sont ainsi.  Sébastien Japrisot -  Un long dimanche de fiançailles (1991)
16 février 2018

Pendant plusieurs jours de suite des lambeaux d’armée en déroute avaient traversé la ville. Ce n’était point de la troupe, mais des hordes débandées. Les hommes avaient la barbe longue et sale, des uniformes en guenilles, et ils avançaient d’une allure molle, sans drapeau, sans régiment.  Guy de Maupassant -  Boule de Suif (1880)
Posté par sebarjo à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
15 février 2018

Ce grand mage dont l'art commande à la nature / N’a choisi pour palais que cette grotte obscure.  Pierre Corneille -  L'illusion comique (1635)
14 février 2018

Un jour, j’étais âgée déjà, dans le hall d’un lieu public, un homme est venu vers moi. Il s’est fait connaître et il m’a dit : « Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venu pour vous dire que pour moi je vous trouve plus belle maintenant que lorsque vous étiez jeune, j’aimais moins votre visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté.  Marguerite Duras -  L'amant (1984)
Posté par sebarjo à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,